Le
jardin du Palais Présidentiel, oasis de verdure en plein centre
d'Athènes, couvre une superficie de 25 strèmes environ
(équivalant à deux hectares et demi). Au cours du XIXe
siècle, cette surface servait de potager du Palais Royal (aujourd'hui
bâtiment du Parlement), le terrain étant particulièrement
fertile à cet endroit-là.
Le terrain s'étendant derrière le Palais Royal fut
cédé en 1889 pour y permettre la construction d'une
résidence privée pour le Prince héritier Constantin,
qui cette année-là épousa la Princesse Sophie
de Hohenzollern. Après l'achèvement du Palais, en
1897, et l'ouverture de la rue Hérode Atticus, les terres
qui entouraient la Résidence du Prince héritier furent
aménagées en un grand jardin décoratif. Il
semblerait que cette tâche ait été confiée
au cabinet technique d'Ernst Ziller. En revanche la sélection
des plantes a dû être assurée par un spécialiste
grec, compte tenu du fait que la plupart des plantes appartiennent
à la flore grecque.
 |
 |
Dès le début, le jardin fut partagé en deux
grandes parties en raison de la dénivellation assez accentuée
du terrain. La partie surélevée avait été
réservée à la construction de l'édifice.
La conception consistant à situer le jardin devant la façade
avant du bâtiment se retrouve dans d'autres constructions
néoclassiques datant de la même époque (comme
notamment l'Académie, l'Université, la Bibliothèque
nationale). Le jardin suit un tracé assez strictement géométrique,
de style français, agrémenté de parterres de
gazon symétriques et dîlots de plantes à
floraison saisonnière. L'austérité de l'ensemble,
côté rue Hérode Atticus, est adoucie par la
présence de platanes séculaires, de tilleuls, de palmiers
et de cyprès.
 La
plus grande partie du jardin est située au niveau le plus
bas, auquel mène un large escalier de marbre. Ici aussi,
le principe de symétrie a été respecté:
le point de référence central est une longue allée
bordée de hauts cyprès qui débouche sur létang
et le pavillon de verdure. De part et d'autre de cette allée
sétendent des tapis de gazon, des terrasses en gradins,
des îlots d'arbres et d'arbustes et des parterres de fleurs.
Embrassant l'ensemble du jardin, de hautes rangées d'arbres
accotées aux grilles assurent le nécessaire isolement
par rapport aux rues adjacentes.
La composition botanique du Jardin est globalement assez riche:
elle comprend près de 140 espèces et variétés
différentes de plantes ornementales, darbres et d'arbustes,
de plantes grimpantes et autres. Certaines de ces plantes sont rares.
Parmi les arbres du Jardin, nombreux sont ceux qui sont âgés
de plus d'un siècle, tels notamment les cyprès.
Depuis sa conception initiale, à la fin du dix-neuvième
siècle, et jusqu'aux lendemains de la dictature, le Jardin
du Palais fut conservé sans modifications majeures. Certains
changements intervinrent après 1974, le plus important d'entre
eux ayant été sans conteste l'ajout du large escalier
de marbre qui facilite l'accès à la partie inférieure
du Jardin.
C'est
dans ce cadre frais et coloré que, tous les ans, le 24 juillet,
en mémoire au rétablissement de la démocratie
en 1974, le Président de la République reçoit
la classe dirigeante politique, militaire et spirituelle du pays,
ainsi que des représentants de la presse, de diverses organisations
et de toutes les forces vives du pays.
|