hellenic
 
Organisation et fonctionnement
 
La Garde Présidentielle
L’histoire de la Garde Présidentielle (les Evzones) remonte à plus d’un siècle. Elle fut fondée le 12 décembre 1868 en tant que force de combat et de cérémonie. Progressivement, son rôle est devenu de plus en plus rituel, ce dont témoignent d’ailleurs les différentes appellations conférées à ce corps: Garde du Palais, Garde du Drapeau, Garde du Monument au Soldat Inconnu, Garde Royale et enfin, Garde Présidentielle, dénomination adoptée en 1974 lors du rétablissement de la démocratie et appliquée depuis.

La caserne où est basée la Garde Présidentielle est la même depuis sa fondation. Elle est située à proximité de l’actuel Palais Présidentiel (ancien Palais Royal) rue Hérode Atticus et a été nommée en l’honneur de Georges Tzavellas, chef d’armes de Souli et héros de la guerre d’Indépendance de 1821.

Aujourd’hui, la Garde Présidentielle doit:

  • placer des gardes d’honneur 24 heures sur 24 devant le Tombeau du Soldat Inconnu, devant le Palais Présidentiel et à l’entrée principale de la Caserne de la Garde Présidentielle;
  • hisser et amener officiellement les couleurs grecques du Rocher sacré de l’Acropole;
  • assurer la garde d’honneur au Président de la République et aux Chefs d’État étrangers;
  • rendre les honneurs aux ambassadeurs d’États étrangers lors de la remise de leurs lettres de créance au Président de la République.

Participation des Evzones dans les luttes nationales
L’uniforme des Evzones, telle que nous le connaissons aujourd’hui, était déjà porté par des gens d’armes et des klephtes (bandits-rebelles), comme en témoignent des tableaux de la période de l’occupation ottomane (1453-1821). L’Evzone (ou Tsolias), avec sa jupe plissée, la fustanelle, et ses souliers rouges à pompon, les tsarouchia, devient ensuite un symbole du soulèvement national. Après la révolution de 1821, la tenue de l’Evzone s’impose officiellement en tant qu’uniforme national de tous les chefs d’armes et combattants de la révolution.

Après la seconde guerre mondiale, les régiments d’Evzones furent réorganisés et refondus en unités d’infanterie modernes dans le cadre de la modernisation des Forces armées du pays.

L’uniforme de l’Evzone
Cet uniforme a une longue histoire. Ce type de vêtement commence à prendre forme dès l’époque d’Homère – c’étaient les combattants eu-zones, littéralement les bien-ceinturés… – et nous le retrouvons sous sa forme actuelle d’uniforme sous l’occupation ottomane, composé de la fustanelle et des sabots rouges, les tsarouchia. Après 1821, l’uniforme des Evzones fut adopté comme tenue nationale officielle.


La fabrication d’un uniforme d’Evzone n’est pas simple. Elle présuppose de nombreuses connaissances de la part des fabricants, nécessite beaucoup de temps et implique un coût élevé. Les uniformes sont intégralement faits à la main. Il existe deux types d’uniforme, celle de l’officier et celle du soldat (l’evzone), et il en existe une version d’été et une d’hiver.

L’uniforme est principalement composé des éléments suivants:

  • le béret –fario- de feutre rouge, au gland de soie noire;
  • la chemise, blanche, aux manches très évasées;
  • le gilet, arborant des broderies faites à la main qui obéissent à un rare savoir-faire. Ces broderies aux fils blancs ou dorés reproduisent divers motifs de grande importance traditionnelle et ethnographique;
  • la jupe, la fustanelle, coupée dans 30 mètres de tissu blanc. Les plis de la fustanelle sont au nombre de 400, symbolisant ainsi le nombre d’années d’occupation ottomane;
  • les hauts-de-chausse, le long pantalon rouge des officiers et les collants en laine blanche des Evzones;
  • le ceinturon à cartouchière et
  • les fixe-chaussettes, noirs pour les Evzones, bleus pour les officiers.

Au-delà de ces éléments, que l’on retrouve à la fois chez les officiers et chez les Evzones, il existe aussi:

  • les guêtres, les stavalia (bottines) rouges et le sabre de 1821 pour les officiers, et
  • la ceinture intérieure qui permet de maintenir les collants, et les galons frangés aux cordons bleu ciel et blancs, les couleurs du drapeau national, et enfin les tsarouchia, portés par les Evzones. Ces chaussures sont entièrement faites à la main, coupées dans du cuir rigide rouge, la semelle étant quant à elle armée de 60 clous. Une paire pèse à peu près trois kilos. Le bout du soulier est en pointe, couverte d’un beau pompon noir.

En dehors de la tenue des Evzones, la Garde Présidentielle revêt aussi la tenue typique crétoise, composée d’une culotte caractéristique noire (la vraka), le poignard fiché dans la ceinture. La tenue crétoise est portée par les hommes à l’occasion de certaines cérémonies officielles. C’est ainsi que la Garde Présidentielle représente non seulement les Grecs continentaux mais également ceux des îles: l’uniforme des Evzones représente le soldat de la Grèce continentale, tandis que l’uniforme crétois représente le soldat de la Grèce insulaire. La Garde Présidentielle a récemment ajouté l’uniforme traditionnel de la région du Pont-Euxin.

Le Tombeau du Soldat Inconnu
La Grèce a adopté en 1925 l’idée de la construction d’un monument en honneur au Soldat Inconnu, s’inspirant de la France qui, la première, avait proposé et mis en œuvre cette idée à l’issue de la Première guerre mondiale.

En 1926, après l’adoption de la loi appropriée, un concours national fut lancé pour la construction d’un monument au Soldat Inconnu. L’emplacement prévu était situé devant l’entrée principale du Parlement, vers la place Syntagma (de la Constitution).

Le 9 octobre 1926, le Ministère des Affaires Militaires attribua le prix à l’étude de l’architecte Emmanuel Lazaridis, en prenant le décret 219188. Mais la décision de l’érection du monument à cet emplacement fut retardée en raison de nombreuses réactions et d’opinions divergentes. Après la constitution d’une nouvelle commission en juin 1928, le Conseil des Ministres accepta ses propositions et les travaux purent être lancés au mois d’avril 1929. Le monument fut achevé en mars 1932 et son inauguration eut lieu le jour de la Fête Nationale de cette année.